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Diaspo Village - Une nouvelle conception de communauté en plein coeur de Petite Rivière

June 30, 2011

TA=REVA(#6)

Filed under: General — arpo @ 12:22 am

En chemin un peu fatiguee, j’ai du me reposer avant de prendre la route avec eux pour Medor!!!

Je reve n’est ce pas!

Continuons alors—Aubin”En Haiti”

LES MORNES DES CAHOS 305

compagnons nous ont abandonnés ; il ne reste plus que le P. Sauveur et moi pour poursuivre notre route, avec un habitant du voisinage, M. Désiré TiDa, réquisitionné par le chefde la section, pour nous servir de guide. Mais nous étions partis

très tard, la pluie menaçait ; M. Ti Da éprouva le désir naturel de rentrer chez lui et nous remit aux soins d’un petit garçon de bonne volonté. La nuit vint vite ; les feux de la veillée s’allumèrent, marquant les habitations éparpillées aux flancs des montagnes ; Fobscurité était telle, que nous perdions constamment notre chemin. Enfin, nous arrivâmes auprès d’une case isolée ; la maison était hermétiquement close : la lumière du foyer filtrait par les interstices des murs. On tarda à répondre à notre appel ; les nègres sont défiants de nature et leurs superstitions redoutent les oeuvres de la nuit, peuplée de revenants, de zombis. Notre petit garçon cria aux gens de lui « baillé tison pou pé^ donner un tison pour le Père ». Quelqu’un

se hasarda à sortir, avec un grand morceau de bois-chandelle, et ce fut à la lueur de cette torche, éclairant la forêt, que nous arrivâmes à Médor. Il était près de dix heures du soir. Il fallut réveiller le village ; ni le chef de la deuxième section des Grands-Gahos, le gé-

  1. EN HAÏTI. 20

306 EN HAÏTI

néral Thélima Louissaint, ni le sacristain de la chapelle, M. Balthazar Bienaimé,ne nous attendaient plus. Médor est un petit village, répondant aux mêmes nécessités que Pérodin. Il occupe un plateau découvert, entouré de grands murs rocheux. Cinq ou six maisons, une chapelle précédée d’un cirouellier, où est fixée la cloche; sur la place gazonnée, à l’ombre des manguiers, les tonnelles du marché. Le soir et dans la nuit, bon nombre de marchandes sont arrivées de la

plaine et des mornes; elles s’empilent dans les cases et sous les abris de branchages ; il en vient encore par tous les sentiers. Dès le petit jour, le marché du vendredi s’est formé : une cinquantaine de femmes ont étalé leurs marchandises, petit mil, riz, légumes, morceaux de

viande, sel, savon et allumettes. Médor se trouve au pied du morne des Orangers, dont le fort commande le défilé de l’Artibonite, entre la moyenne et la basse vallée. Sous

la conduite du chef de district, M. Simili Silhomme, qui nous accompagne jusqu’à « sa limite », nous gagnons par une montée très dure la crête du Morne Pardon. La montagne est

recouverte d’une herbe touffue, de goyaviers nains et d’une sorte de fougère, dont les nègres

LES MORNES DES CÂHOS 307

font des balais. La vue est magnifique sur toute la partie du fleuve, enserrée entre deux chaînes parallèles. Descente rapide par les habitations Poincy et Lahatte ; les cases se multiplient, les champs de coton reprennent. Deux pintades

marronnes, poussant des cris effroyables, traversent l’air, poursuivies par ces oiseaux de proie, que les créoles nomment des « malfinis ». Chemin très raide, pour atteindre la Savane à Roches et le bord du fleuve.

Nous sommes désormais en pays de savanes. Cases et jardins se font plus rares. Des espaces dénudés, recouverts d’une herbe jaunâtre, alternant avec des bouquets de campêche : c’est une région de pâturages et d’exploitation de

bois. Le sol est uni, bon pour les pieds des chevaux. Le printemps est délicieux dans les savanes. C’est alors que les gayacs portent leurs fleurs violettes et les campêches leurs grappes de fleurettes jaunes. Sur Thabitation Vinant,

à l’extrémité de la savane Deslandes, réside le

général Saint-Louis, qui assure le passage de l’Artibonite, pour la commune voisine de la Chapelle ; vieux militaire retiré sur son bien, il cherche à accroître ses revenus par cette entreprise. Le passeur manoeuvre à la perche

  1. une pirogue, que l’on nomme ici un boumba ou

308 EN HAÏTI

« bois-fouillé », creusé dans le tronc du mapou, le fromager de nos colonies. A l’avant, les chevaux sont attachés par des cordes ; le passeur conduit sa barque en remontant le

fleuve, peu profond sur sa rive droite, puis laisse dériver au courant et les chevaux se mettent à la nage pour aborder à la berge opposée.

Sur ce point, l’Artibonite coule au pied d’une ligne de collines, percée de fréquentes ravines. Derrière ces collines, à deux ou trois kilometers de distance, se trouve le quartier de la Chapelle ; cinq heures de voyage depuis Médor. Dans un champ voisin du fleuve, un nègre à barbe grisonnante, pieds nus et en manches de chemise, est

occupé à travailler les cannes. C’est le commandant de la commune,le général Succès Jean-Baptiste ; il remet ses vêtements et monte à cheval pour nous installer dans son village. Le bourg est petit ; il y a quatorze ans seulement qu’il fut érigé en commune et, depuis lors, le même

chef militaire administre la circonscription. Quelques cases autour de la chapelle; l’hôtel de la place se compose d’une chambre unique, où sont déposés lesfusils des soldats; par devant, un abri, recouvert d’un toit de chaume, où dorment,

à côté du poste, les passants attardés.

LES MORNES DES CAHOS 309

La meilleure maison du lieu appartient au juge de paix, M. Suprême Clerjeune Clément fils. Déjà vieillissant, devenu gros et maladif, il eut son

heure de gloire comme député au Corps legislative ; avec sa femme et ses trois enfants, il s’est maintenant retiré à la Chapelle, où il arrange de son mieux les afFaires de ses justiciables. Il y vit entre le commandant de la commune et la maîtresse d’école, Mlle Cypris Malvoisin, une

vieille fille, éduquée par les soeurs de Saint- Marc,— qui sont les seules gens cultivés de l’endroit. La maison de M. Clerjeune fut hospitalière; j’y dormis dans un superbe lit d’acajou à baldaquin, les fenêtres ouvertes sur la nuit

bruyante des tropiques. La conversation de mon hôte était confiante et attristée. La maîtresse du logis avait préparé un ragoût de porc et les « pois et riz », qui sont le plat national haïtien : haricots rouges, cuits dans une

sauce abondante (saindoux, beurre, lard et cives

^ espèces de poireaux), et mélangés ensuite avec

du riz. Il y a fort loin de la Chapelle à Port-au-

Prince, au moins douze heures de route ; en partant avant le jour, on a chance d’arriver à la nuit. Après avoir traversé les savanes et les bois de

  1. campêche qui entourent le bourg, c’est la dure

310 EN HAÏTI

montée du Morne Gréplaine. L’aube commence à poindre ; dans les cases dispersées, les feux s’éteignent successivement ; peu à peu, les tambours, qui ont accompagné les danses

de la nuit, cessent leurs battements rythmés. Quand nous atteignons la crête, le soleil est déjà haut ; une marche interminable nous fait contourner toute la haute vallée du Mirebalais. Les habitations sont nombreuses ; peu de café,

mais cultures de vivres, bananes, maïs et cannes. Après le petit village de la Goupe-Mardi- Gras, nous rentrons en pays de savanes. Nous passons le fond des Orangers, puis le Morne

Pensez-y-bien, pour descendre dans la plaine du Gul-de-Sac.Nous avions marché tout le jour; il faisait nuit close quand nous arrivâmes à Port-au-Prince.”

 

June 24, 2011

TA=REVA(#5)

Filed under: General — arpo @ 11:44 pm

Oh que ce serait beau de pouvoir tout moderniser et enfin refaire le parcours de ce visiteur? Oui il nous faut une infrastructure de base pour attirer meme le tourisme local et ces enfants nes dans la diaspora qui veulent enfin connaitre Haiti a travers ces recits!

Alors continuons!  et surtout n’oubliez pas votre carte geographique.

Avec—Aubin”En Haiti”

“Peu à peu les cultures cessent pour faire place aux savanes, semées de pierres ; les cases deviennent plus rares et plus pauvres ; les campêches se multiplient ; les mornes s’élèvent, recouverts de petits lataniers ; nous passons la Savane Grande Hatte, puis la Savane Brûlée, qui descend vers Dessalines, et la Savane Camp-de- Roches. Nous entrons maintenant dans la montagne : le chemin s’élève rapidement par un vallon latéral, où se précipite la Rivière Morne- Rouge. A l’ombre des figuiers, des acajoux, des bois chêne, des mombins et des manguiers, les cultures de coton et de bananes remplissent les creux. Les tombes du cimetière Bouchoreau s’alignent au bord du sentier ; puis, avec l’habitation Boiscarré, nous atteignons une crête, qui nous ramène dans la vallée de l’Estère. Le fleuve a contourné la ligne des mornes, pour former à nos pieds le val de Mirault^ C’est un enchevêtrement de montagnes, aux pentes

1. Lors de la Révolution, M. Mirault était un habitant de

la Petite-Rivière. M. Lucas, dont l’habitation a été citée plus haut, résidait à Saint-Marc. Sa maison, l’une des plus belles de la ville, fut occupée par Dessalines^

300 EN HAÏTI

gazonnées : les habitations, avec leurs jardins, occupent la surface plane des platons ; dans les replis du sol, où coulent les eaux, se développe le fouillis des grands arbres. Le chemin continue à flanc de coteau. Voici la Savane Conseiller, la source Michaux et l’on descend jusqu’au bord de l’Estère, maintenant près de sa source, roulant sur un lit pierreux, entre les hautes montagnes. Le torrent passe sous un berceau de pommiers-rose, dominé par les escarpements rocheux du Morne Jacques, La montée devient rapide jusqu’à l’habitation Tort, où se

trouve la « tête du fleuve ». Un enclos, qui se poursuit le long des pentes, entoure l’immense caféière, occupant le sommet des Gahos. La terre est rougeâtre, l’humidité des sources constante ; des blocs de rocher émergent de toutes

parts. La forêt, dont l’ombrage protège les caféiers, est diverse et touffue. Mombins et sucrins forment une voûte de verdure, que perce çà et là le tronc droit des palmistes ou

le feuillage grisâtre des bois-trompette. Les lianes pendent des branches ; mousses, fougères et pariétaires s’accrochent au roc. Les arbres fruitiers de la forêt tropicale fournissent la végétation intermédiaire, — manguiers, caïmitiers, corossoliers, goyaviers, des bananiers

LES MORNES DES CAHOS 301

sauvages et quelques orangers, recouverts de leurs oranges sûres. Nous sommes au Coeur des Grands Cahos, à 1.500 mètres d’altitude. Les Petits et les Grands Cahos forment Textrémité d’une arête montagneuse, qui s’est détachée perpendiculairement de la chaîne septentrionale de l’île, pour mourir sur l’Artibonite, en séparant la plaine du bas fleuve des hauts plateaux de son cours moyen. L’endroit est assez isolé et difficile d’accès, pour servir de refuge

naturel aux détresses du plat pays. Pendant la révolutionde Saint-Domingue, nombre de colons français y trouvèrent un abri sûr ; aux heures mauvaises, les chefs de l’Indépendance vinrent à leur tour y chercher asile pour leurs familles;

Toussaint Louverture s’y retira, avant que de se rendre. Sur le Morne Jacques, vit encore un vieillard Presque centenaire, qui, condamné à mort par Soulouque, parvint, des Cayes, à gagner les Cahos ; ses descendants habitant autour de lui ; il est devenu le patriarche de la montagne, indique à tous les plantes qui guérissent et se fait le juge des contestations. Le souvenir de Toussaint Louverture est la

légende de ces mornes. Les paysans montrent

302 EN HAÏTI

sur les rochers des signes vagues, creusés, en forme de croix, par l’action des eaux ; ils y veulent voir des points de repère, marqués par l’ancêtre pour indiquer la place où fut enfoui son trésor, à l’approche des troupes du général

Leclerc. Afin d’empêcher toute indiscrétion, les soldats, commandés pour creuser la fosse, auraient été fusillés à leur retour, si bien que nul ne sait plus exactement où se trouve le monceau d’or, signalé par les croix révélatrices.

Pamphile de Lacroix estime le trésor de Toussaint à 80.000 « doubles portugaises », soit un peu plus de trois millions de francs. Il ne mentionne pas que la cachette ait été éventée par nos soldats et rapporte que, dès son arrive en France, Napoléon fit plusieurs fois interroger, à ce propos, le vieux nègre qui resta muet. Madiou prétend, au contraire, que le trésor fut retrouvé dans les Gahos et enlevé par Rochambeau. Le fait historique n’est point éclairci ; mais la croyance aux trésors cachés, aux trouvailles inespérées est si enracinée dans l’imagination  nègre qu’aucun habitant de ces mornes ne doute de la présence réelle, en quelque endroit ignoré, de cette prodigieuse fortune, destine à enrichir un heureux chercheur. Pérodin est un petit village, situé sur h crête

LKS MOliNES DES CAIIOS 303

de la montagne, au-dessus du val de l’Estère, à six bonnes heures de la Petite-Rivière. D’un côté, on aperçoit la plaine et la mer, par delà l’enchevêtrement des mornes ; de l’autre, la vue s’étend sur les contreforts aboutissant aux

hauts plateaux de l’Artibonite. Quelques cases ont été construites auprès de la chapelle et des tonnelles du marché ; le gouvernement vient d’installer un maître d’école ; une commerçante, Mlle Ursule Saget, tient boutique. On trouve chez elle des salaisons, du savon, des allumettes, quelques cotonnades, un peu de mercerie et de vaisselle. Mlle Saget est la soeur aînée, la « grande soeur » du juge suppléant de

la Petite-Rivière ; son grand-oncle, Nissage-Saget, fut naguère Président de la République. Malgré cette illustre parenté, la pauvre fille vieillit obscurément au fond des mornes, occupée à son petit commerce et travaillant sur une

machine à coudre, à la porte de sa modeste

maison.

Le village de Pérodin s’est créé pour les besoins de toute la première section des Grands- Gahos, dont il est le centre. Le chef militaire y réside, appuyé d’une force de police rurale; le général Henri Charles fait aussi métier de

  1. spéculateur en denrées et expédie du café

304 EN HAÏTI

la Petite-Rivière. Lundis et mardis, les revendeuses

de la contrée ont visité les marches des Petits-Gahos ; elles consacrentles jeudis et vendredis aux deux villages des Grands-Gahos, Pérodin et Médor. G’est précisément un jeudi que nous tombons à Pérodin ; il est déjà deux heures de l’après-midi et l’activité commence à se ralentir. Le chef de la section apparaît daiis toute sa splendeur : les cinq chefs de district, avec leurs galons de capitaine, le maréchal et les trois gardes champêtres se sont joints à

l’autorité supérieure, à l’occasion du marché hebdomadaire. L’hospitalité est abondante ; le jeudi est le seul jour de semaine où l’on débite de la viande au village.

De Pérodin, il serait facile de gagner Médor en trois heures. Le sentier suit d’abord les crêtes, au milieu de buissons de pommiersrose et de cultures de bananes ; il contourne le Morne Jacques, puis descend les pentes rapides

du Morne Ingrand. G’était l’ancienne limite entre les parties française et espagnole de l’île. Le traité d’Aranjuez mentionne l’établissement des bornes n°’ 162 à 47/i sur les plantations Pérodin, Gottereau et Ingrand. Le n° 175 était placé sur le « piton des orangers », d’où

la frontière descendait vers l’Artibonite. Nos

Le PAS:-Al.E le l’ArTIBONITE ex •• BOIS FOUILLÉ

VUE DE DESSALIKE3

-l.«;•^^*.«..-”^’^•?^

  1. Aubin, En Haïti. Pl. XXIX

Bon week end !!!

 

TA=REVA(#4)

Filed under: General — arpo @ 2:53 am

Alors mes amis! Carte en main allons a l’aventure dans les Mornes des Cahos—Aubin”En Haiti”

“En remontant vers le nord, le long des mornes, il faut deux heures pour faire les cinq lieues de chemin, séparant la Petite-Rivière de Dessalines. Le pays est plat, verdoyant et monotone; les habitations se succèdent le long de la route, Lucas, Marquez, Palmiste, etc. Le Pont-Benoit franchit l’Estère, qui descend des Gahos, pour traverser diagonalement la plaine et atteindre la mer, aux environs des Gonaïves.

Dans une échancrure du morne, apparaissent sur la hauteur plusieurs forts, aux angles saillants ; au pied, le Ghamp-de-Mars, sur lequel se groupent l’église et les maisons du bourg.

1. Dans la préparation des boissons, où le rhum intervient inévitablement, les créoles distinguent les grogs, les thés et les punchs. Les grogs comportent toutes variétés de mixtures, à base de rhum et de citron ; les thés sont des infusions d’herbes locales (mélisse, petit baume, citronelle, bourgeons d’oranger, verveine). Les punchs sont confectionnés avec des jus et des pulpes de fruits tropicaux (oranges, corossols, grenadilles), avec un peu de rhum, de sucre et de muscade. Les « punchs à l’eau de coco », de Mlle Rose Pimpin, qui tient un petit café sur le bord de mer à Port-au-Prince, sont particulièrement réputés. A Tépoque coloniale, Dessalines n’existait pas ;son emplacement actuel appartenait à l’habitation Marchand. — Or, après l’Indépendance et jusqu’à ce que celle-ci eût été reconnue

par la France en 1825, les Haïtiens ont vécu dans la crainte perpétuelle d’un retour offensif de notre part, et la principale préoccupation de leurs chefs militaires fut d’établir, dans les montagnes de l’intérieur, des camps retranchés, qui deviendraient, le cas échéant, les boulevards de la nationalité nouvelle. C’est ainsi, qu’en 1802, Dessalines créa, au centre du

pays, le bourg fortifié qui prit son nom ; plus tard, le roi Christophe construisit, dans le Nord, la forteresse de la Perrière. La fortune de Dessalines fut éphémère, comme celle de son fondateur. Les troupes l’y proclamèrent empereur en 180/i, la Constitution impériale y fut rédigée 1 année suivante ; puis le grand homme partit et ne revint plus ; il était mort assassiné. Depuis lors. Dessalines a perdu sa raison d’être ; le bourg ne contient pas 800 habitants ; il ne s’y fait aucun commerce; un prêtre breton, le P. Moissan, dessert l’église ; 104 petites filles se groupent autour de la robe bleue et des voiles noirs de deux Soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Les souvenirs

LES MORNES DES CAHOS 297

de Dessalines n’ont cessé de valoir à son bourg une situation particulière dans les divisions administratives de l’île. Christophe en avait fait le centre d’un arrondissement spécial, qui embrassait tout le massif des Gahos. La République haïtienne y a maintenu le chef-lieu d’un arrondissement, qui comprend les deux communes de la Petite-Rivière et de la Grande-Saline. Mais

la circonscription est purement militaire ; pour la justice et les écoles, elle relève de Saint- Marc ; comme département financier, elle se rattache aux Gonaïves. Le commandant lui même

redoute l’isolement de Dessalines et réside à la Grande-Saline.

Nous partîmes de bon matin pour les Mornes des Cahos ; j’ai fait la route avec le P. Sauveur, vicaire de la Petite-Rivière et un autre de nos compatriotes, M. Duc, employé d’une maison française de Saint-Marc. Nous accompagnait également le magistrat communal, M. Julien Hérard, un jeune nègre, mince, remuant et futé, qui fait métier de spéculateur en denrées. En l’absence de sa femme, en visite aux Gonaïves chez une parente, sa petite maison était tenue par sa soeur, Mlle Julinette Julien, qui est une des principales commerçantes et vit honorablement « placée » dans lebourg. Enfin suivait, comme préposé aux bêtes de charge, M. Dieujuste Nicolas Gaby, natif de

la plaine et servant au ili^ régimeat ; un soldat épais et lourd, qui dormit consciencieusement sur sa mule pendant toute la durée du voyage. Le chemin remonte lentement la vallée de

l’Estère et les premières pentes de la montagne, entre les habitations Laverdure et Trembley ^; des canaux, dérivés du fleuve, irriguent les champs de pois et de coton. Ces irrigations, étant récentes, ne sont point soumises aux anciens règlements coloniaux, et les riverains en profitent pour user de l’eau selon leurs convenances. Quand vient la saison sèche, les habitants ne se gêne-nt guère pour pratiquer les coupures nécessaires à l’arrosage de leurs jardins, sans se préoccuper du bas pays. Là, comme ailleurs en Haïti, les oiseaux sont peu nombreux : des corneilles, des piverts, des tacaux au plumage gris et à la gorge mordorée : des oiseaux palmistes, qui recherchent cet arbre ; de petits oiseaux verts à la

1. M. Trembley était venu de Genève à la Rochelle et, de là,

passa à Saint-Domingue; il exploitait une petite cotonnerie

sur son habitation de l’Artibonite. En 1781, il publia des recherches

intitulées : Essais hydrauliques pour la plaine de l’Artibonite.

LES MORNES DES CAHOS 299

gorge jaune, appelés par les créoles « Madame Sarah » ; quant aux perroquets et aux perruches, à peine en rencontre-t-on de loin en loin.”

June 22, 2011

Tourisme+Agriculture=Renaissance Vallee Artibonite(#3)

Filed under: General — arpo @ 12:40 am

 

Non, Non—–Je ne reve pas!

 

en faisant avec vous ce voyage a travers les recits de Aubin “En Haiti” dans les Mornes des Cahos. Ca nous permet bien en premier lieu de recenser les localites qui existaient bien depuis l’epoque coloniale a nos jours. Aussi nous pouvons evaluer par ce qui se fait actuellement dans ces regions l’evolution de la qualite de vie si minime qu’elle pourrait bien etre et encore bien preparer avec les possibilites touristiques a l’horizon—un plan pour un reel changement des conditions de vie.

 

Alors are you readyyyyyyyyyyyyy? To walk, roll, work and make it happen!!!

 

EH! EH! Ou est votre carte? Puisque  chacun d’entre vous a la possibilite ou le devoir de dire quel vestige du passé se trouve dans sa localite et peut etre bien que je ne connais pas encore. J’aimerais bien tout visiter dans l’Artibonite au moins pour commencer—Et Vous?  Aucune peur de Cholera! Ecclesiate l’a bien dit!!! avec une bonne Sanitation!!!

 

289 Les Mornes des Cahos— continue

 

“1. La franc-maçonnerie est extrêmement répandue en Haïti, où elle fut introduite par les colons français. Elle y jouit d’une organisation autonome, sous l’autorité d’un

EN HAÏTI. 19290 EN HAÏTI

Pour aborder les Mornes des Cahos, il fallut s’adresser au commandant de la commune, à « la place », comme le désigne le respect de ses  administrés, qui peut seul, en cas de besoin, fournir guides et montures. Avant mon départ de Port-au-Prince, le ministre de la Guerre

m’avait remis une lettre d’introduction pour son subordonné.

LIBERTÉ. ÉGALITÉ. FRATERNITÉ.

REPUBLIQUE D’HAÏTI

Port-au-Prince, le…,

an 102® de l’Indépendance.

Le secrétaire d’Éîai

au Département de la Guérite

au commandant de la commune de la Petite-Rivière

de VArtibonite.

Général, M…, porteur de la présente, entreprend un voyage dans votre commandement. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que vous devez avoir toute bienveillance envers lui et lui faire tous les accueils possibles. Dans l’espoir que vous vous acquitterez dignement envers cet

important personnage, recevez, général, l’assurance de ma parfaite considération.

Signé : Cyriaque Célestin.

Grand-Orient local. Dans les ports du S«d, quelques loges relèvent encore du Suprême Conseil de France. Elles portent le nom »« des Philadelphes », qui avait été la première loge ouverte au Cap-Français.

LES MORNES DES CAIIOS 291

J’ai voyagé par toute la République avec de semblables lettres, n’ayant jamais eu qu’à me louer des facilités qui m’ont été faites.

Les chefs des diverses circonscriptions appartiennent à cette oligarchie militaire, dont émane le pouvoir en Haïti ^

; ce sont hommes de confiance, habitués au service et au maniement

des populations haïtiennes ; quelques-uns possèdent intelligence et instruction; plusieurs sont simplement de vieux soldats, arrivés à

l’ancienneté, fatigués par les révolutions, et 1. En dehors de la garde et des corps spéciaux (l’un d’eux a été formé par un ancien sous-officier français, M. Giboz), qui restent fixés à Port-au-Prince, l’armée permanente d’Haïti comprend un effectif régulier de 38.000 hommes, qui se succède par tiers sous les drapeaux ; en fait, l’effectif réel ne dépasserait pas 8.000 hommes… Chacun des 27 arrondissements, et même quelques communes, fournissent,par recrutement local, un régiment de deux bataillons,en tout 38 régiments d’infanterie et 4 d’artillerie. Les soldats, répartis dans les garnisons et les postes militaires, doivent être déplacés chaque année. On les prend de préférence dans les campagnes, afin d’avoir des gens plus lourds,moins accessibles à l’idée révolutionnaire ; on les éloigne de leur lieu d’origine, pour éviter les désertions. La plupart des grands chefs haïtiens sont sortis du corps d’officiers.

Monsieur soldat, comme le désigne la courtoisie de ses officiers, est un être pittoresque et débraillé ; il sonne la diane et le couvre-feu, arrête, le soir, par un vigoureux :

Qui vive ! les inoffensifs promeneurs, touche sa paie le samedi et la joue aux dés séance tenante. Il fait, du reste, peu d’exercices, se distingue dans les coudiailles, qui sont des retraites au tambour d’un rythme rapide, et participe de son mieux aux courts, crises subites d’afiblement, qui, sans rime ni raison, agitent périodi(|uemeiit les villes haïtiennes rie g,

292 EN HAÏTI

dont les connaissances ne dépassent pas la langue créole. Le général Valentin Achille,

(( Général de division aux armées de la République, aide de camp honoraire de S. Exe. le Président d’Haïti, commandant la commune et

la place de la Petite-Rivière », est au nombre de ces derniers. Avant de s’élever aux honneurs, il a mené la rude existence du militaire

haïtien. 11 y a soixante-six ans de cela, il naquit au Trou, dans le Nord de Pîle, et servit, jusqu’au grade de sous-lieutenant, dans le 28″

régiment, celui de son bourg natal. Il débuta sous (1 l’Empereur » et garde bon souvenir de ces temps héroïques, où Soulouque payait ses soldats. « Ça pas té con jodi : sold’té payé recta. Ce n’était pas comme aujourd’hui : la solde était régulièrement payée. ))I1 devint officier sous le « règne » de GefFrard — (les Haïtiens calculent volontiers d’après les « règnes » de leurs Présidents), — général sous Salnave ; entre temps, le hasard des garnisons Favait

conduit à Plaisance, sur la route du Cap aux Gonaïves; il y prit femme et y possède encore du bien. Avec le grade de général, vinrent les

grandeurs. Il commanda successivement la place à Jérémie,

au Limbe, à Port-Margot, à la Petite

LES MORNES DES CAHOS 293

Rivière, allant ainsi du nord au sud de la République avec des vicissitudes diverses. Naguère, la tourmente révolutionnaire le chassa

violemment de la Petite-Rivière ; il y est maintenant revenu avec des temps meilleurs, et ses mésaventures d’autrefois ne nuisent en aucune

façon à son prestige d’aujourd’hui.

Le général Valentin x\chille est un vieillard mince, la figure entourée d’une barbe toute blanche; il semble un peu gêné dans sa redingote

noire. L’appartement, qu’il habite à F « Hôtel de la place », comporte une chambre meublée d’une table et de quelques chaises ; un lit dans une alcôve. Sur la table se trouvent un plateau, des verres et une carafe remplie de tafîa. Le général la vide de son contenu, la remet à un officier qui s’en va chercher du rhum ; puis, avec une serviette, il essuie soigneusement chacun des verres. En même temps, de cette voix monotone et chantante si particulière aux nègres des Antilles, il nous expose la philosophie douce, que, dans ses trois phases de soldat,

d’agriculteur et de grand chef, lui a enseignée l’aventure de sa vie. « Nous oué tête moin tout blanc : moin passé passage en pile nan la

guéy nuiie dèrhô^ la pli la jounain^ domi nan serein^

  1. mouillé^ la fièv\ grand goût. Ous coué c’est

294 EN HAÏTI

toute ? Non ! Mangnien ié, planté mangnioc, patates, bannanes, pois, di riz, toutes bagàg ! C’est çà qui fait m’vini grand moune con ça. Si m travaillé si tant, c’est pace qui m’ té malhéré, oui, Jodi nichita.—Vous voyez ma tête blanche, c’est que j’ai eu beaucoup à endurer pendant les guerres; il m’a fallu passer les nuits dehors, recevoir

la pluie pendant le jour, dormir au serein, être mouillé, avoir la fièvre, avoir faim.

Vous croyez que c’est là tout ? Non ! Il a aussi fallu travailler, planter du manioc, des patates, des pois, du riz, toutes sortes de choses. C’est cela qui m’a fait devenir un aussi grand personnage.

Si j’ai tant travaillé, c’est que j’ai été pauvre; aujourd’hui je me repose. » Puis il reprend

: « Ac toutçà, ous coué m^chita? Lan nuite, au mot : desse, pam ! m’bigé guetté nègue-là yo. Soldats jodi pas soldats. Yo pas fait passé

demi, Yo pas connin fait gade ; yo jeinne. M’bigé quitté chanme moin, pour m’vini domi sou natte, nan bireau moin, apé tann la diann. Après

çà, c’est là m’capab’cabicha. — Avec çà, vous croyez que je me repose ? La nuit, brusquement, je suis obligé de surveiller ces nègres-là. Les

soldats d’aujourd’hui ne sont pas des soldats ; ils ne font que dormir ; ils ne savent pas monter la garde ; ils sont jeunes. Il faut que je quitte

LES MORNES DES CAIIOS 295

ma chambre, pour aller dormir dans mon bureau,

jusqu’à la diane. Après cela, c’est alors seulement que je peux faire un somme. »Et, le rhum étant venu, le général Valentin

Achille nous servit à tous un grogS en buvant«à notre conservation!»”

 

 

 

June 21, 2011

TA=REVA ou Tourisme+Agriculture=Renaissance Economique Vallee Artibonite

Filed under: General — arpo @ 4:22 am

Les Mornes des Cahos(continue) #2

“LES MORNES DES CAHOS 283

mornes, marquant, à l’est, l’extrémité de la plaine. Les habitations se succèdent les unes aux autres avec des cases prospères et des jardins bien cultivés. Leurs noms — Moreau, Villars, Gloville, Laville, Ségur — rappellent le souvenir des anciens colons français. Par bonheur, il n’a pas plu depuis quelque temps et la route est praticable. Sur plusieurs points, des corvées de paysans travaillent à la remettre en état ; le sol, profondément remué par les roues des chariots, témoigne assez des fondrières qui s’y doivent creuser avec la mauvaise saison. Car la route appartient aux cabrouets, qui apportent, de la Petite-Rivière à Saint-Marc, le café des Gahos. Ce sont lourds chariots roulant sur deux roues énormes, où l’on peut entasser vingt-cinq sacs de cafés ; un attelage de cinq paires de boeufs les traîne péniblement à travers les ornières de la plaine ; d’habitude, ils sont expédiés le lundi matin pour arriver au port le mercredi ; le reste de la semaine est consacré au retour. Au bourg de la Petite-Rivière, qui, du temps des blancs, fut le premier établissement de la plaine, le terrain commence à s’élever; les maisons de bois s’éparpillent sur un sol rocheux.

  1. Plus haut, les galeries à triples arcades  d’un grand palais de briques, qui, commencé par le roi Christophe, n’atteignit jamais le premier étage. Au sommet, le fort ruiné de la Grête-à-Pierrot eut son heure de célébrité pendant les guerres de la Révolution.

En 1802, lors de l’expédition du général Leclerc, les troupes françaises, qui se concentraient de toutes parts contre les dernières forces de Toussaint Louverture, refoulées dans les Mornes des Gahos, se heurtèrent à cet ouvrage, construit, quelques années auparavant, par les Anglais. La petite garnison noire fit, vingt jours durant, une admirable défense et finit par s’enfuir, en forçant nos lignes. Pourtant la prise de la Grête-à-Pierrot décida de l’issue de la

campagne ; elle entraîna la reddition des principaux chefs, y compris Toussaint lui-même. Descourtilz se trouvait alors prisonnier dans le

fort et parvint à s’échapper aux derniers jours du siège. Allié par son mariage à la famille Rossignol-Desdunes, dont les multiples branches

peuplaient la plaine de TArtibonite, il était venu à Saint-Domingue en 1798, pensant profiter des bonnes dispositions de Toussaint Louverture, qui proclamait l’intention de restituer les terres des blancs, sur lesquelles les esclaves émancipés seraient restés comme

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métayers. Les circonstances amenèrent Descourtilz à faire métier de naturaliste, davantage que de planteur. Mais, au débarquement

des troupes françaises, la fureur s’empara des nègres, qui se saisirent des blancs et les massacrèrent en grand nombre. Descourtilz fit partie

d’un groupe de nombreux prisonniers, cueillis sur les habitations de l’Artibonite et internés à la Petite-Rivière. Au cours des massacres,

Mme Dessalines le sauva en le cachant sous son lit. C’était une négresse fort distinguée, qui avait été la « ménagère » d’un riche colon, en avait gardé bon souvenir et qui, dans sa situation nouvelle, s’employait de son mieux en faveur des blancs. Elle continua de s’intéresser au sort de Descourtilz, et lui fit passer des provisions dans les Mornes des Cahos, où il servait de médecin aux troupes nègres. Une tentative d’évasion lui valut son internement à la Grête-à-Pierrot. Il raconta, par la suite, « les détails de sa captivité par /iO. 000 nègres » dans un mémoire inséré au troisième volume de ses Voyages d’un naturaliste, La Crête-à-Pierrot est un de ces épisodes héroïques de l’Indépendance, dont les Haïtiens aiment à garder la mémoire. Ce nom avait été donné à un petit bateau de guerre, qui, pen

dant la révolution de 1902, fut impitoyablement coulé par une canonnière allemande, pour n’avoir point marqué le respect voulu au commerce germanique. Le procédé était un peu vif ; l’amiral, qui commandait la Crêle-à-Pierroi (les grades élevés abondent en Haïti) se sentit inspiré par les grands souvenirs révolutionnaires et, après avoir débarqué ses hommes, périt bravement avec son navire.

Le fort, dont les murs se sont écroulés, forme un carré, entouré de fossés. Deux figuiers maudits ont poussé parmi les décombres, les canons aux roues de bois et les boulets abandonnés. Une croix de pierre s’élève auprès de quelques tombeaux ; sur l’un d’eux, au-dessous d’armoiries, on lit l’inscription suivante : « Cigît Thomas d’Hector, duc de l’Artibonite, âgé de soixante-seize ans, natif de l’Artibonite,

décédé le 18 août 1852. Passants, priez pour lui. Amen î y> La poudrière est à peu près intacte,à côté d’un ajoupa construit pour abriter un poste absent. Au sud, le mamelon de la Grête-à-Pierrot est

taillé à pic ; des acajoux ont poussé dans les ruines des fortifications et la vue s’étend sur le cours inférieur du fleuve, qui sort des montagnes, entre les Mornes des Cahos et la chaîne

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des Matheux, pour serpenter jusqu’à la mer à travers la verdure de la plaine. Sur la rive opposée, une tache grise marque le bourg des Verrettes. Un bac, glissant sur un câble, assure le passage entre les deux agglomérations. Établi par les gens de la Petite-Rivière, il est

affermé à un entrepreneur, M. Auguste Supplice, magistrat communal de Saint - Marc, moyennant une redevance annuelle de 200 gourdes ; la taxe perçue sur les passants est de 2 centimes par homme ou par bête, d’une

gourde et demie par cabrouet. Le bac actuel se trouve à l’endroit même où avait été établi, à l’époque coloniale, le «bac d’en haut.» C’était le moins achalandé des trois bacs de l’Artibonite ; adjugé à la criée devant les officiers de la sénéchaussée de Saint-Marc, il ne rapportait que 5.500 livres. Le fermier avait le droit d’exploiter, au bord même de la rivière, une auberge, une boulangerie et une « boutique de marchandises sèches ». J’ai reçu l’hospitalité chez le curé de la Petite-Rivière, le P. Ménager, un Breton de l’Illeet- Vilaine. Les presbytères sont la Providence des voyageurs en Haïti. C’est, en règle générale, la meilleure maison du bourg ; un bon lit y est toujours préparé pour les hôtes ; la table  est propre et bien servie ; la gouvernante du curé, qui est, le plus souvent, la présidente des Enfants de Marie de la paroisse, est entendue et avenante. Le prêtre est heureux d’accueillir un compatriote, qui apporte, dans sa solitude, un ressouvenir du pays. La Petite-Rivière est un gros bourg de deux mille habitants, concentrant le commerce du fond de la plaine et des mornes voisins. Avec tout le coton du plat pays environnant, il y vient aboutir le café des Petits et des Grands Gahos, parfois même celui des Matheux, de l’autre côté du fleuve. Aussi les balances, indicatrices

de la demeure des spéculateurs en denrées, se multiplient-elles aux portes des maisons, à côté des boutiques de revendeuses. Chaque vendredi, sur la grand’place, devant l’église, le marché provoque une animation considérable ; les tonnelles, restées vides tout le long de la semaine, sont occupées par leurs tenants. — La plupart des métiers se trouvent représentés au village : tailleurs, orfèvres pour chaînes, bagues et boucles d’oreilles, selliers, cordonniers et charpentiers. — Le cordonnier est un Cubain ; deux Syriens font le petit commerce. La commune est munie de toutes les autoLES

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rites requises : un chef militaire, le commandant de place, qui assure le maintien de l’ordre et du régime établi, un magistrat communalélu, chargé de la municipalité, un juge de paix, un officier de l’état civil, un préposé d’administration pour le service des finances. Le curéa deux vicaires : 50 enfants fréquentent l’école des Frères ; 118 petites filles, celle des Religieuses de Saint-Joseph de Gluny. Il n’y a pas de médecin ; car les vertus des plantes sont connues de tous et, dans les cas graves, on a recours au papaloi. Le bourg est prospère ; chaque habitant possède et cultive son jardin dans le voisinage. Entre l’Eglise et l’État, les relations sont excellentes ; le prêtre est bien vu ; les « convertis » abondent et il y a toujours grande affluence à la messe. Les autorités marquent pour le catholicisme le même attachement que pour le Vaudoux ou la franc-maçonnerie. S’il y a des houmforts dans tous les coins de la plaine, le bourg appartient à PÉglise et les principaux de l’endroit, au nombre d’unevingtaine, travaillent à la loge maçonnique locale, la Terre-Promise, n°56*.”

Aubin “En Haiti”

N’oubliez pas votre carte et non je ne reve pas!

June 19, 2011

TA=REVA

Filed under: General — arpo @ 9:22 pm

Alors pour comprendre un peu pourqoui cette Vallee Artibonite pullulent de possibilites economiques vu son histoire, sa culture, son agriculture et l’art que ces gens continuent tant bien que mal par eux meme a propager—aux autres qui s’y interessent.—Ayez en main votre carte geographique pour le releve de cette traversee. Bonne besogne et amusez vous dans ce voyage!

Explorons ces ecrits tires du Titre: “Les Mornes des Cahos”—

“Il y a 7 lieues de Saint-Marc à la Petite-Rivière de l’Artibonite ; trois bonnes heures de voyage. La route traverse une contrée boisée,

où les comas, les tchatchas, les acajoux et les gayacs poussent parmi les bayaondes ; de temps à autre, les arbres ont été coupés, les

LES MORNES DES CAHOS 279 troncs enfoncés dans la terre pour former clôture; les habitants ont construit de pauvres maisons

en terre battue dans leurs champs de coton ou de petit mil. L’aspect du pays est triste et desséché : les cotonniers, que l’on néglige de

tailler, deviennent de véritables arbustes. Nous sommes à l’époque de la cueillette, qui commence à la fin de janvier, pour se terminer en mai; sur les tiges noircies et dépouillées, le duvet, chargé de graines, s’échappe des gousses flétries ; quelques fleurs jaunes ou rouges persistent encore, pour la floraison du printemps^. La plaine de l’Artibonite n’a jamais été riche ; elle était sèche, assez peu peuplée ; les colons n’y plantaient que l’indigo et le coton ; les travaux d’irrigation, mis à l’étude, n’avaient pas été entrepris, ayant été reconnus trop coûteux ; les prises d’eau, pratiquées par les riverains sur le fleuve, étaient constamment enlevées par les

crues. Les jardins ne se forment que sur les bords de l’Artibonite, aux approches du pont Sondée.

1. Le coton de Saint-Domingue fut, dès l’origine, de qualité médiocre, et ne pouvait être comparé à celui du Brésil ni des Indes orientales. D’ailleurs, les cotonneries étaient les « manufactures » où les planteurs avaient engagé le moindre capital ; elles ne produisaient guère plus de 6 millions de livres par an

 

LES MORNES DES CAHOS

De Saint-Marc aux Mornes des Cahos. — A travers la plaine de l’Artibonite ; le coton. — Les radeaux de campêche. —Le « chemin royal » et le transport des cafés par cabrouets.— Le bourg de la Petite-Rivière ; le fort de la Crête-à-Pierrot. — Chez le commandant de la commune ; le général Valentin Achille. — La forteresse impériale de

Dessalines. — Petits et Grands Cahos. — La légende du trésor de Toussaint Louverture. — Les deux sections des Grands Cahos : Pérodin, Médor. — Descente sur l’Artibonite ; le passage du fleuve en « bois-fouillé ». — Le quartier de la Chapelle. — Retour à Port-au-Prince. —

Sur les routes haïtiennes.

La route du Nord sort de Saint-Marc par le portail des Guêpes et remonte par la ravine du même nom, à travers des fourrés de gommiers

et de bayaondes. — De ce côté, les abords de la ville sont défendus par trois forts, couron

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nant les mornes Blockhouse, Bel-Air et Diamant. Le pont Lioquant, flanqué de quatre canons, est jeté sur un fossé étroit et profond, creusé par les eaux de la ravine. On gagne promptement le sommet du Gros-Morne, d’où la vue embrasse toute la plaine de l’Artibonite.

C’est la basse vallée du fleuve, plate comme la main et d’une verdure grise, s’étendant à l’infini vers le nord ; son sol sec et un peu aride est, en Haïti, le principal centre de la production cotonnière, comme il était déjà du temps de la colonie. Tout au fond, à peine perceptible, la chaîne des montagnes septentrionales de l’île; puis, s’arrondissant vers l’est, la ligne de mornes qui ferme la plaine, les

Mornes de la Goupe-à-l’Inde et les Mornes des Cahos. Au pied, sous un ajoupa, le poste militaire de la Croix-Mulâtresse, au carrefour des deux routes traversant la plaine, l’une vers les Gonaïves, l’autre, en amont du fleuve, vers la Petite-Rivière ou les Verrettes.

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Ce pont est le plus bel ouvrage d’art que se soit offert la République d’Haïti. Il est suspendu sur le fleuve, qui peut bien avoir en cet endroit 80 mètres de largeur ; une maison américaine le construisit en 1878, pour assurer les communications entre le Nord et le Sud du pays ;

par malheur, son entretien s’est trouvé négligé, la couleur ne tient plus, les fers se disjoignent et les poutres du plancher sont percées de trous inquiétants.

L’Artibonite est le principal cours d’eau, drainant la région occidentale de l’île de Saint-Domingue. Il sort, en Dominicanie, du massif central, et descend des grandes montagnes pour recevoir, sur ses deux rives, toute une série d’affluents, qui parcourent les savanes

des hauts plateaux. Le fleuve roule ses eaux troubles entre des berges boisées. Gomme il est trop large et trop profond pour être franchi

à gué, une population, vivant de l’Artibonite, s’est développée sur ses bords ; des stations de pirogues échelonnées en assurent le passage et

les radeaux l’utilisent pour le transport des campêches. Les bois viennent surtout du haut fleuve, au dessus du Mirebalais, où ils sont le plus abondants. Étant très lourds, on a coutume de les

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placer sur des cadres de bambous, remplis de bois légers, « bois-trompette » ou troncs de bananiers, qui servent de flotteurs. Le

radeau ainsi formé comporte une surface de quelque 50 mètres carrés et un poids d’une dizaine de tonnes. Par ce moyen, les campêches

font sous l’eau tout le voyage ; le séjour prolongé dans le limon du fleuve agirait sur la nature et la couleur du bois^ d’une façon qui en

accroît la valeur. A Saint-Marc, le « bois de saline », venu parl’Artibonite, se paye presque le double du « bois de ville », apporté par chariots de l’intérieur. Les convois sont conduits

par des équipages de « radayeurs », commandés par un capitaine ; leur métier est difficile et même dangereux, Quand les eaux sont basses

et que se forment les bancs de sable, il faut aller lentement, évitant les échouages, et l’on met quelquefois deux mois pour atteindre jusqu’à

la mer. Avec les hautes eaux et le courant rapide, les radeaux risquent de se briser sur les saillants des berges, multipliés par les méandres

du fleuve ; les radayeurs n’ont pas de gouvernail et c’est en s’appuyant sur de grandes perches en bambou qu’ils parviennent à gouverner. Arrivés à l’embouchure, à la Grande-Saline S

  1. Les premiers Français, venus à l’île de la Tortue, se  des cordes leur sont lancées, afin d’amener à terre et d’amarrer les radeaux. Si, entraînés par la vitesse des eaux, ils ne réussissent pas

à saisir ces amarres, il ne leur reste qu’à se jeter à la nage, tandis que les campéches s’en vont à la dérive, et l’on en retrouve, emportés

par le Gulf Stream, jusque sur les côtes de Floride. Il y a même certaines saisons où le fleuve est complètement impraticable ; l’automne, après les pluies, aucun radayeur ne consentirait

à se risquer sur l’Artibonite. Quand la crue commence à baisser, l’expérience est faite par un petit radeau d’essai, un pipéri^ qui renseigne sur les conditions de navigabilité. Une fois rendues à la Grande-Saline, les équipes ont achevé leur tâche ; elles remontent à pied le long du fleuve, pour prendre une nouvelle charge de campêche et la conduire à la mer.

Du pont Sondée à la Petite-Rivière, le « chemin royal » est une ligne droite, très large, qui n’en finit point et conduit jusqu’au pied des

préoccupèrent des salines naturelles, qui se trouvaient à la côte de Saint-Domingue. Ils en préparaient le sel et s’en servaient comme matière d’échange, surtout avec les Anglais. Leur principal établissement fut créé à l’embouchure de l’Artibonite, en un lieu qu’ils appelèrent la Grande- Saline. Il s’y maintint, pendant tout le dix-huitième siècle,une communauté de saliniers, recrutés au hasard et vivant en dehors de tout contact avec la société des planteurs.” Aubin, En Haiti–279 a 283

Happy Father’s Day!

Filed under: General — arpo @ 12:54 am

A tous ceux qui de pres ou de loin continuent de soutenir leur famille pour ce lendemain meilleur.

Bonne Fete des Peres! Que Dieu vous benisse!

TA=REVA

Filed under: General — arpo @ 12:51 am

Ces concepts devront etre appliques dans les prochaines annees pour enfin arriver a cette propulsion d’un socio economique developpement de cette Vallee Artibonite.

Oui: Tourisme + Agriculture = Revanissance Economique de la Vallee Artibonite. Nous l’avions heritee avec tout ce passe, culturel, historique, agricole—toujours classe de pauvre mais helas!  que nous sommes riches sans nous en rendre bien compte. Nous avons: ST Marc, Dessalines, Verrettes, Gonaives, cette Chaine des Cahos pleine de notre histoire. Pourquoi ne pas les exposer a leur juste valeur a nos enfants de l’exterieur, cette diaspora repoussee— qui n’attend bien que le moment opportun pour explorer ce pays des ancetres qui ont tant fait parler d’eux.

Le moment est bien venu pour repenser notre destinee de pays de misfortune en pays de grande fortune. Nous pouvons le faire c’est bien une foret vierge a explorer dans le vrai sens du terme. Alors etes vous prets??

Alors commencons par notre geographie:

 http://www.satelliteviews.net/cgi-bin/w.cgi?c=ha&UF=-59904&UN=-92100&DG=MTS

http://itouchmap.com/?c=ha&UF=-59904&UN=-92100&AF=T_ALL

June 18, 2011

Nouvelles venant d’ARENY!

Filed under: General — arpo @ 8:34 pm

Sinceres Condoleances a toutes les familles et amis du Dr Alix Adam!

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=7&ArticleID=14941

June 16, 2011

Success Skills Course by the Junior Achievement/ Team Group Summer Camp Program!

Filed under: General — arpo @ 4:37 am

Two days ago, June 14th2011 was the first day of the Success Skills course provided by Junior Achievement at St George Community Park at 3501 NW 8th Lauderhill, Florida in the Community Center. These classes will be held every Tuesday from 2-3pm until August 2nd.

 

High School students of the Young Entrepreneurs Club are participating under the direction of Mr. Torrance Gary and a great Teacher Mr. Elijah Wooten (Economic Development Manager of the City of Lauderhill)

PS- CORPRA Inc/ Claire M. Guillaume helps at these Sessions.

 

If interested please call Mr. Torrance Gary at

954-471-6927

June 9, 2011

One year ago on June 8th 2010 I hugged my mother the last time!!

Filed under: General — arpo @ 12:17 am

So I call on “disip”

 

Ki “banmGazz” ak yon “Mission” jodi a pou’ m di ou

Si nou pa fe     “ Kolon’n”

Nou met tou konin nou toutt     “Koupab”

Otreman di:    “Ouve Barye”

Paske    “My Angel”

Min’m Cha Kanaval    “Kwe Mwen”

Pap kapab nan    “Jou Pam”

Fe’m bliye chnate pou Haiti    “PST—Pa sans Toi”

Eh! Eh! Ti Rivyie l’Atibonit di mwen    “Hold on to your Dream”

Pendan ke Charite ap rele    “Bondie’m la Gran”

Kote Djakout    “A Dieu”

Min Pajan’m bliye    “ Bope pa Papa”

 

Mesi Manman pou toutt! Mwen pap lage! Banm Kouraj!!

 

 

June 8, 2011

One year later!

Filed under: General — arpo @ 4:41 am

We traveled on June 6, 2010 with a group of experts for a feasibility study. And they concluded that a Village in Charite countryside of the Petite Riviere Artibonite was a viable project. So Diaspo Village became Pearl Village and the work continued. We met with the Minister of Diaspora Mr. Edwin Paraison that reassured uss with his support and continued long after our visit to inquire about us. We felt very motivated! Then came the usual Turmoils of Haiti, the ups and downs, the fear of our entourage asking themselves if investing in Haiti is a great move?

We kept on working anyway and through it all Mr Fifi never give up working on the plan. In the meantime Mr. Jackson goes from US to Africa but kept in touch with the work. Lolo or Mr Simeus, Andre worked and traveled with or without fear to gives us the insight of what need to be done. We finally find a great haitian engineer after so many research for a Cadastre and the work moved on quickly. Yes we are moving along and to tell you my friends all these soft cost money are really done by us. Consultants working bona fide until —– and we find a way to work and keep the dream alive one penny at a time and we will be very proud to finally see the grassroots effort become a reality in Petite Riviere Artibonite with the help of Mr. W. Fifi a Trinidadian and Mr. J. Jackson an African American and done by the people of the region.

Thank you for the support and for believing in us!! Yes in a rural area we can also have a modern agricultural village with good sanitation, electricity, roads, job creation and that is the Dream and we will keep it alive no matter what!!!

Where we are:

    

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June 4, 2011

Condoleances! de ARENY, ARRC and CORPRA!!!

Filed under: General — arpo @ 8:30 pm

 

“L’Association des Rivartibonitiens à l’Etranger (ARENY) a le regret d’apprendre la triste nouvelle de la mort d’un de ses membres Diderot Bélizaire décédé au Canada.
En cette pénible circonstance, elle présente ses sincères condoléances à son frère l’ancien sénateur, l’ingénieur Déjean Bélizaire, à sa soeur Justine Bélizaire, à ses cousins Phildort Bélizaire et Athanase Chavannes.
Aux familles Bélizaire, Chavannes, Cléophat, Louis, Louissaint, Saget, Dodard, Grand-Pierre, Cadet, Chrysostome, Excellent, Rosier, Georges, Excellent, Gabriel, Guillaume, Bolivar, Edouard, Sylvain, Pierre-Gilles,  Fabius, à toutes les familles de la Petite Rivière de l’Artibonite et à tous ceux touchés par ce deuil, l’ARENY renouvelle l’expression de ses profonds regrets.”( ainsi que ARRC et CORPRA)
Que la terre lui soit légère!

June 1, 2011

Nos condoleances a la Famille de Mr. Gesner Demetrius!

Filed under: General — arpo @ 9:40 pm

ASSOCIATION DES RIVARTIBONITIENS A L’ETRANGER

P. O.  Box  3401078

Brooklyn, NY 11234

(917) 605-2852      (917) 589-6999      (347) 578-1219

 

New York, le 31 mai 2011

 

L’Association des Rivartibonitiens à l’Etranger  annonce avec infiniement de peine la nouvelle de la mort du frère Gesner Démétrius survenue le dimanche 29 mai écoulé au centre d’accueil “ Four Seasons” de  Brooklyn, New York.

En cette pénible circonstance, l’Association des Rivartibonitiens à l’Etranger  présente ses sincères condoléances

- à sa femme Immaculée Démétrius née Immaculée Saint-Jean;

- à ses fils: Duquerne Charlostin, Serge et Patrick Démétrius

- à ses filles: Edline, Alma, Sheila et Nancy Démétrius, Suzette François;

- à ses frères et soeurs: Ulrick et Lucien Démétrius, Jeanine et Brigitta Démétrius, Francine et Altagrâce Léostène, Françoise Céus;

- à sa belle-fille Guerda Dorcélus et à son beau-fils Frantz François;

- à ses petits-fils et petites-filles: Mardochée François et Steven Démétrius, Cassandre, Noline, Paula et Elizabeth Démétrius, Esther et Christine François, Emilie Charlostin et Jodelle Grand-Pierre;

- à ses neveux et nièces: Rodrigue et Joanis Edouard, Patrik et Jocelère Lucien, Solange Edouard et Suzie Lucien;

- à ses cousins et cousines:  Josette et Germanie Murade, Nicole Kénol et Barbara Auxerre.

 

Aux familles Démétrius, Edouard, Saint-Jean, Charlostin, Léostène, Grand-Pierre, Dorcélus, Lucien, François, Céus, Murade,  Auxerre, Kénol, Gabriel, Sylvain et à tous ceux touchés par ce deuil, l’Association des Rivartibonitiens à l’Etranger renouvelle l’expression de ses profonds regrets.

 

Les dépouilles du regretté Gesner Démétrius seront exposées au salon funéraire Andrew Terrogrossa de Flatbush, Brooklyn, New York, le vendredi 3 juin de 4:00PM  à 9:00 PM  et les funérailles seront chantées en l’Eglise Notre-Dame du Refuge  sise  au coin de Foster Avenue et de Ocean Avenue, Brooklyn, New York le samedi 4 juin 2011 à 8:30 AM.

 

Paix à son âme!

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